SALÓN DE ESPERA

Dans l’esprit de la Street Photography, « SALÓN DE ESPERA », qui veut dire salle d’attente, est une exposition que nous avons initiée en 2016. Elle relate la vie d’une ville cubaine, Sagua la Grande, située au milieu du pays, ville de naissance de l’immense peintre Wifredo Lam (1902-1982).

Elle est composée de 30 tirages 50 cm x 75 cm + quelques tirages 20 cm x 30 cm. Satinés, contre-collage sur Dibond.

Lors de nos différents voyages à Cuba, nous sommes régulièrement retournés voir les personnes que nous avions rencontrées et nous nous sommes rendus compte à quel point notre culture européenne était liée aux gens et à l’histoire de ce pays, que ce soit à La Havane, Trinidad ou Cienfuegos.

Quelle surprise en arrivant à Sagua la Grande, 60 000 habitants, de voir une ville où le cheval et le vélo sont les principaux moyens de déplacement, avec dans la campagne environnante, des champs encore travaillés avec des bœufs. Un fleuve, le Sagua Grande et son petit port relié à l’Atlantique après 3 longues heures de bateau et une ligne de chemin de fer antédiluvienne, permettant aussi de se rendre à la mer. Une ville autrefois bourgeoise, coloniale, abandonnée à la suite de la révolution, avec des bâtiments à l’architecture néoclassique n’ayant rien à envier à la Havane, qui côtoient des maisons de bois. Et cette sensation de faire un bon dans le passé, soixante ans plus tôt.
C’est parce que Wifredo Lam est né là que nous avons voulu découvrir  cette ville. Wifredo Lam, peintre mondialement connu, dont seulement quelques peintures restent aujourd’hui exposées au musée National des Beaux Arts de La Havane, le reste étant aux Etats Unis et en Europe.
 
Voici ce que disait Wifredo Lam à son retour à Cuba en 1941, après avoir réussi à fuir la police de Vichy, en compagnie de Claude Lévi-Strauss, André Breton et tant d’autres, à bord du « dernier bateau pour l’exil » : « Ce que je voyais à mon retour à Cuba ressemblait à l’enfer, le tourisme frivole de La Havane contrastant avec la misère des noirs dans les campagnes, tout le drame colonial de ma jeunesse revivait en moi. »
« Je veux que mes images soient capables de troubler les rêves des exploiteurs ! »
C’est ce qu’il fit en peignant son plus célèbre tableau, « La Jungle », appelé par certains, la jungle scandaleuse, qui fut par la suite acheté par le MoMa de New York et accroché à côté des «Demoiselles d’Avignon» de Picasso…
 
« Salón de espera » a été présentée au CRDP de Clermont-Ferrand, avec l’Association du Cinéma Hispanique en octobre 2017
 

la cité de l’abeille
le Champet - 8 route du Griffou
63250 Viscomtat sur la terre alain.benoit.a.la.guillaume@orange.fr

Retour en haut